L'Étape Reine

Étape 3 : Saint-Foy-Tarentaise - Monêtier-Les-Bains

Nous voici à l’aube du vrai challenge. Aujourd’hui, nous partons pour 162 km et plus de 4200 mètres de dénivelée. C’est la plus grosse étape du séjour, celle qui va mettre à l’épreuve l'entrainement de l’année de chacun. Le stress peut se faire sentir ce matin. Nous nous levons à 6:30 pour essayer d'emmagasiner le plus de sucre lent pour la journée. Bastien Pirson étudie le parcours et les différents cols du jour pour savoir quand il va pouvoir attaquer. Nous sommes sur notre selle à 7:30 pour commencer les premiers mètres.


La journée commence fort avec le col de l’Iseran. Celui-ci est le plus haut col de montagne routier de toutes les Alpes. Nous grimpons non-stop ces 48 km en deux heures et demi. La dernière fois que ce col était apparu dans le Tour de France, c’était en 2007. En 1939, c’était le finish de l’étape qui avait permis à notre compatriote Sylvère Maes de s’emparer du maillot jaune et de gagner cette édition du Tour de France. Cette année c’est Bastien Pirson qui remporte l'ascension après une bataille contre Nicolas dans les derniers kilomètres. Il peut profiter de la vue un peu plus longtemps.


Heureusement, le prochain col n’est que dans 60 km. Cela nous permet de profiter des paysages époustouflants lors de la traversée de la réserve naturelle nationale de Tignes-Champagny et du parc naturel de la Vanoise. Arthur profite de cette descente pour compter les marmottes. Nous continuons la journée avec le Col du Télégraphe qui donne accès quelques kilomètres plus loin au col du Galibier. Le col du Télégraphe est appelé ainsi en raison d’une tour du télégraphe de Chappe, à bras articulés, construite en 1807. Nous sillonnons la forêt. Nous profitons des renforts du jour. En effet, notre coach bénéficie de soutien. Un de ses amis de longue date nous ravitaille constamment durant la monté pour supporter la chaleur. Mais nous venons à bout des 856 mètres de dénivelé et nous récompensons avec un boisson au sommet. Nous redescendons cinq kilomètres après une courte pause pour directement attaquer les 1200 mètres de dénivelé. PY décide d’attaquer dès le deuxième kilomètre pour faire l'ascension en tête pendant plus dix kilomètres. Il se fait finalement ratraper à quatre kilomètres de la fin par le duo Dembour-Pirson et c’est finalement Nicolas termine en tête. Le col du Galibier se termine à 2650 mètres d’altitude et nous offre une vue 360° sur toutes les Alpes.


Nous avons bien fait de prévoir notre journée de repos demain à Monêtier-Les-Bains, vu l’état de nos muscles. Nous arrivons tout juste à 17:30 cela nous donne juste le temps de nous préparer pour le match du soir. Nous repérons les lieux à la Violaine pour savoir où nous allons poser la table de massage et d’engloutir une bavette et quelques frites.


Aujourd’hui c’est l’occasion de vous présenter Bastien.

Bastien pourrais tu nous partager ton vécu de cette journée.

C’était une étape épique: plus de 160km, presque 4500m de dénivelé positif et trois cols mythiques (Iserand, Télégraphe et Galibier). Depuis le début de la semaine on comptabilise les arrivées aux sommets des cols et chaque soir le coach nous annonce le classement général. J’avais de bonnes jambes en début de journée et j’ai pu attaquer dans l’Iserand, c’est ma première victoire de la semaine et pas la dernière je l’espère. Au final, on a tous été puiser très loin dans nos ressources pour finir cette étape mais c’était une fierté et une satisfaction incroyable de finir tous ensemble ! On se réjouit maintenant de profiter de la journée de repos et des grands bains de Monetier.

Je crois que tu fais partie d’un groupe de triathlon. Peux-tu nous en dire plus ? Penses-tu que ça t’a aidé à préparer la route des Grandes Alpes ?

Je suis effectivement inscrit au TriathLiege depuis maintenant 1 an et demi. Par contre je suis inscrit seulement pour la course à pied. Malgré mes efforts je n’ai jamais pris gout à la natation, mais je continue à aller aux entrainements quand j’en ai l’occasion pour l’ambiance du club. Je pense que la course à pied est une autre façon d’entrainer son endurance : ça a l’avantage de demander habituellement moins de temps que le vélo.

Comment as-tu préparé ton séjour ?

J’ai essayé de rouler le plus régulièrement possible ces 6 derniers mois, pour accumuler des kilomètres. Durant les mois d’hiver, j’ai fait pas mal de home-trainer avec un plan d’entrainement et Netflix. Je suis à jour sur la plupart des séries. Quand je roule à l’extérieur, je ne fais jamais rien de spécifique.

As-tu une nourriture préférée quand tu roules ?

Le pain d’épice ! Mais je déconseille de le manger en roulant, c’est vachement difficile à avaler. Par contre, durant une pause, c’est parfait.

De quel coureur cycliste te sens tu le plus proche (passé ou actuel) ? Et pourquoi ?

Pas facile, je dirais Greg Van Avermaet. On est tous le deux Belges, on a presque le même âge, le même gabarit, le même talent… Blague à part, il est super doué, il passe partout dans les classiques et il a du panache. Quand il bat Stybar au sprint à Paris-Roubaix en 2017 après avoir été lâché plus tôt dans la course, c’est juste incroyable.

As-tu une manie ou un signe distinctif ?

J’aime bien porter une casquette sous mon casque : ça retient la transpiration, ça protège du soleil et c’est joli.

Raconte-moi ton meilleur souvenir sur un vélo.

Un de mes meilleurs souvenirs est l’ascension de mon premier col l’année dernière dans les Cévennes. Le col de la Lusette fait 13km avec des passages à 15%, il faisait super chaud et la route était assez pourrie, mais le paysage était incroyable et c’était génial d’en venir à bout !

Merci Bastien et profite bien de ta journée de repos.
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